Notre histoire

Le Château de Cervières : La sentinelle disparue des monts du Forez


Une forteresse stratégique à la frontière

Au Moyen Âge, le Forez et l’Auvergne sont deux territoires distincts, et Cervières se trouve exactement à leur frontière. Pour protéger cette limite, les comtes de Forez font bâtir à partir du XIIe siècle un imposant château fort au sommet d’un éperon rocheux escarpé. Plus qu’un simple poste militaire, c’est un véritable verrou économique : la forteresse surplombe le « Grand Chemin », une route très fréquentée reliant Lyon à Thiers. Le château permettait ainsi de contrôler les voyageurs, de protéger les marchands et, surtout, de prélever de lucratifs droits de péage.

Le temps des destructions

Pendant plusieurs siècles, le château de Cervières affirme la puissance de ses seigneurs. Il est d’ailleurs dessiné au milieu du XVe siècle dans l’Armorial de Guillaume Revel, avec son grand donjon et ses hautes murailles. Cependant, à mesure que le royaume de France s’unifie, cette forteresse frontalière perd de son utilité. Au XVIIe siècle, sous l’impulsion du cardinal de Richelieu qui souhaite affaiblir les pouvoirs locaux et éviter les rébellions, l’ordre est donné de démanteler le château. La forteresse est alors rasée.

Ce qu’il en reste aujourd’hui

Si vous visitez Cervières aujourd’hui, vous ne verrez plus les hautes tours du château comtal. De l’édifice principal, il ne subsiste que la butte (le promontoire rocheux) et quelques bases de murs enfouies sous la végétation. En revanche, le village qui s’était développé à ses pieds a survécu. Quelques remparts qui entouraient les habitations, le tracé de la rue principale et surtout les deux magnifiques portes fortifiées (la porte des Farges et la porte de Bise) sont toujours debout. Elles permettent d’imaginer sans mal l’ambiance de cette petite cité de marchands et de soldats à l’ombre de son château disparu.


L’Armorial de Guillaume Revel

Le « Livre des fiefs » du duc de Bourbon

Réalisé vers 1450, juste à la fin de la Guerre de Cent Ans, à la demande de Charles Ier, duc de Bourbon, l’Armorial de Guillaume Revel avait un but politique : recenser tous les seigneurs qui lui devaient allégeance dans le Bourbonnais, l’Auvergne et le Forez. Pour l’illustrer, le héraut d’armes Guillaume Revel a parcouru la région et dessiné ou fait dessiner près de 150 châteaux, villes et villages fortifiés. Vous pouvez consulter l’Armorial de Revel sur le site Gallica de la BNF.

Une précision photographique avant l’heure

La grande magie de ce manuscrit, c’est son réalisme. Contrairement aux habitudes de l’époque où l’on représentait souvent des châteaux très enjolivés, Revel a dessiné ce qu’il voyait. Il a compté les tours, observé la forme des toits, noté l’emplacement des portes et des églises. Aujourd’hui, ce livre est considéré comme le premier grand reportage « photographique » et archéologique de notre Histoire.

Cervières dans l’Armorial (Page 439)

Dans ce grand inventaire, le village de Cervières occupe une place de choix. Sur la page qui lui est consacrée, Guillaume Revel nous dresse le portrait d’une petite ville-frontière bien protégée. En haut de la colline, il dessine l’imposant château des comtes de Forez, avec son gros donjon carré. Pour Cervières, ce dessin est un trésor. Comme le grand château a été rasé sur ordre de Richelieu deux siècles plus tard, le dessin de Revel est la seule image qui nous permette de savoir à quoi ressemblait la forteresse originelle.

La reconstitution du château

Laurent Froget, en s’appuyant sur les travaux de différents contributeurs dont son grand-père Jacques Barbier, a fait une tentative de reconstitution du château de Cervières. Les résultats sont montrés dans le document ci-dessous.

Reconstitution-Chateau-Cervieres

Articles de presse des années 1970 / 1980

Retrouvez dans cette sections des articles de presse publiés dans les années 1970 et 1980 qui donnent un aperçu intéressant de ce qu’était le village de Cervières à cette époque, en particulier en ce qui concerne la construction de l’autoroute A89. Cliquez sur un article pour l’agrandir et vous pouvez ensuite zoomer pour mieux le visualiser.

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